Cinq minutes. C’est le temps qu’il faut pour préparer un café, rater son bus ou chercher ses lunettes. Enfin, pour les lunettes, je ne suis peut-être pas le mieux placé.
Jeudi 8 octobre 2026, au Spotlight de Lille, j’avais cinq minutes pour tester mon concept de one-man-show : Illuminé — Un spectacle à voir les yeux fermés.
Un micro, une canne blanche et un public
Je suis monté sur scène avec un micro, ma canne blanche et mon chapeau. Mon objectif ? Faire rire des gens que je ne voyais pas. Leur objectif ? Peut-être comprendre pourquoi un aveugle leur proposait un spectacle à voir les yeux fermés.
Sur le papier, cinq minutes, c’est court. Sous les projecteurs, c’est assez long pour découvrir qu’une phrase peut déclencher un rire… ou un silence très instructif.
Du récit à la scène
J’ai déjà exploré plusieurs manières de raconter : l’écriture avec mon livre, la chanson avec Feu éternel et la parole intime avec mon podcast Sortir de l’ombre — Journal d’une renaissance. Le stand-up ouvre une autre porte : celle du dialogue immédiat avec une salle.
Sur scène, impossible de savoir à l’avance exactement comment les mots vont atterrir. Il faut écouter, sentir le rythme, laisser respirer une blague et parfois accepter qu’elle tombe à plat. C’est aussi cela, créer.
Un spectacle à voir les yeux fermés
Le titre Illuminé n’est pas une promesse de leçon sur le handicap. Je ne veux pas demander au public de se mettre à la place d’un aveugle. J’ai envie de jouer avec nos perceptions, nos certitudes, les mots, les sons, les silences et ce que chacun imagine.
La cécité fait partie de ma vie et nourrit évidemment mon humour. Mais elle n’est ni le seul sujet, ni toute mon identité. Je veux avant tout écrire un spectacle drôle, vivant et surprenant.
Cinq minutes, quelques rires et beaucoup d’enseignements
Il y a eu des blagues qui ont trouvé leur public et d’autres qui demandent encore du travail. Les jeux de mots autour de la vue ont eu leur place, tout comme une plaisanterie adressée aux sourds dans la salle, dont je retiens particulièrement la réaction.
Une idée racontée devant des spectateurs n’est jamais exactement la même que celle qu’on avait écrite dans sa tête. Le rythme, les pauses, la chute et les réactions changent tout.
Accepter de commencer
Je ne suis pas monté sur scène pour prouver qu’un aveugle peut faire du stand-up. J’y suis allé parce que j’avais envie d’essayer, de raconter, de faire sourire et parfois de bousculer les évidences.
Cinq minutes ne font pas un one-man-show. Elles font un premier essai, un premier contact avec le public et une bonne quantité de notes mentales pour la suite.
Et maintenant ?
Il reste à écrire, couper, réécrire, répéter et retourner sur scène. J’aimerais aussi partager quelques extraits de cette première expérience, dès que j’aurai trouvé la bonne manière de découper la vidéo.
Jeudi soir, je n’ai pas présenté mon one-man-show. J’ai simplement commencé à lui donner vie.
Et pour un spectacle intitulé Illuminé, il fallait bien un jour se lancer sous les projecteurs.
